Historique

De 1874 à nos jours,
un établissement scolaire chargé d'histoire.

En 1814, Mère Roland de Bussy, religieuse de Sainte-Ursule, qui dirigeait à Paris un pensionnat destiné à l'éducation des jeunes filles orphelines et qui devait quitter la capitale, demanda aux religieuses de Sainte-Ursule une collaboratrice. On lui proposa Mlle de Lignac qui prononça ses voeux quelques mois plus tard et devint soeur de Lignac.

Avec grandes difficultés, elles fondèrent à Tours un pensionnat et quand Mère Roland mourut en 1825, la soeur de Lignac lui succéda pour de si longues années que les gens de Tours changèrent le nom des "soeurs de Sainte-Ursule" en celui de "Dame de Lignac", ce qui ne plut guère aux religieuses. C'est en 1874 qu'elles s'établirent sur Saint-Pierre-des-Corps (ancien nom de Saint-Pierre Ville) dans l'immeuble sis au 104 de la Rue des Docks.

Une petite croix de fer forgé surmontait le portail et une autre en pierre dominait la mansarde centrale de la cour d'honneur. Pour sonner la cloche du couvent, placée sur le toit, une longue corde pendait dans le couloir du rez-de-chaussée. D'autre part, la vie du pensionnat était sans doute réglée par une clochette attachée au mur extérieur du côté de l'est. On l'agitait de l'intérieur. Dans la cour sud, où existait à l'ouest la conciergerie, on bâtit la chapelle à l'est pour les besoins spirituels des religieuses. Elle était ouverte au public pour la messe. Lobin, en 1877, y posa les vitraux.

L'immeuble, au nord, donnait sur un vaste terrain divisé :

  • en cours de récréation avec préau, bordé de tilleuls et qui s'ouvrait par une petite porte sur la rue J.-J. Noirmant,
  • en un jardin entouré de marronniers d'Inde. Au centre, un petit bassin d'où partait le tuyau d'arrosage, quelques arbres fruitiers : cognassier, poirier... Face au perron nord, adossée au mur du fond, une statue de Notre-Dame de Lourdes.

Pendant les vacances 1902, M. le curé Biet, curé de Saint-Pierre, employa toute son activité à trouver une directrice susceptible de continuer l'œuvre, et après bien des difficultés, le lundi 13 octobre 1902, le pensionnat ouvrait de nouveau ses portes sous le nom " Ecole Maintenon ".

Ce fut Mme Jacquinot de Bezanges, veuve d'un officier de marine, aidée par ses deux filles, Mlle Elisabeth et Mlle Suzy, et par une amie, Mlle Angélique Baril de Montval, qui prit la direction de la maison : internat et externat. Or, les religieuses de la Présentation de Tours avaient, 100 rue Legras, une petite école : un externat qui permettait aux familles ne disposant que de faibles ressources de faire donner à leurs enfants une instruction soignée et chrétienne. À leur départ les élèves furent prises en charge, tout naturellement, par Mme de Bezanges et confiées à Mme Chemillard, religieuse sécularisée. La scolarité s'arrêtait au Certificat d'Études.

Dans l'établissement on trouvait plusieurs dortoirs : dortoir des enfants, dortoir des grandes et dortoir du personnel. Une salle de toilette avec ses lavabos était facilement accessible. La direction avait également ses appartements. Les heures de rentrée et de sortie, ainsi que celles des récréations, étaient légèrement différentes de celles de l'école Maintenon.

Pendant onze ans, Mme de Bezanges et ses collaboratrices se dévouèrent à Maintenon, réunissant un bon nombre d'élèves : celles de douze ans obtinrent le Certificat d'Études, celles de seize ans le Brevet Élémentaire. En 1913 survint le décès de la directrice, précédé de celui de Mlle Suzy. Mlle Elisabeth laissa l'établissement aux mains de Mlle Baril de Montval.

Lorsque la première guerre éclate en 1914, une partie de l'école recevait, en cantonnement, des réservistes. En conséquence, les élèves s'amusaient dans la cour d'honneur et la classe, adaptée aux circonstances, se faisait momentanément dans la chapelle où l'on avait installé tables et bancs. La santé défaillante de la directrice l'obligea à abandonner son poste après trois ans de dévouement.

En octobre 1916, le directeur de l'Enseignement libre et M. le Curé Biet appelèrent à la direction de Maintenon, Mlle Lecuyer qui trouva l'immeuble tel que les soeurs l'avaient quitté. Elle y apporta peu à peu des changements, lui donna le titre d'Institution Maintenon. Elle ne put, faute de place au bout de quelques années, maintenir le petit externat paroissial ; des élèves s'inscrivirent au pensionnat tandis que d'autres se dirigèrent vers l'école du " Sacré Cœur " rue Bernard Palissy.

Elle entreprit, pour permettre la gymnastique, la construction d'un portique, placé entre deux tilleuls : anneaux, trapèze, échelle de corde, corde à noeuds, corde lisse, doublé d'un sautoir. Plus tard d'autres agrandissements virent le jour : telle la construction du réfectoire, le rehaussement de l'infirmerie, qui occupèrent l'espace planté de lilas entre l'immeuble principal et le mur mitoyen de l'ouest. Le nombre d'élèves s'accroissant, le jardin, jusqu'alors conservé, perdit sa clôture et devint cour de récréation. Il fut décidé de descendre la cloche du couvent et de la placer près du perron nord pour régler la vie scolaire.

Puis bientôt s'imposa la construction de nouvelles classes : un beau platane, des marronniers ombrageant la partie voisine de la rue Jean-Jacques Noirmant furent hélas arrachés. Sept classes aux très larges baies les remplacèrent. Elles furent bénites en 1933 par Mgr Gaillard. On y accède par un escalier à chaque extrémité, un vaste préau, sous ces classes, permettait d'installer le vestiaire des élèves. De primaire, l'établissement fut déclaré secondaire et connut ses premiers succès au baccalauréat en juillet 1931.

La guerre de 39 éclata, la défense passive établit une longue tranchée dans la cour, on descendait aux alertes. Enfin en 1944, quand le danger se rapprocha, des pensionnaires rejoignirent leurs familles. Quelques autres, très peu nombreuses, allèrent avec la directrice dans une propriété à Joué-lès-Tours, où quelques externes les rejoignaient chaque matin. Des professeurs assurèrent les cours qui n'avaient lieu que la matinée, organisation éphémère qui cessa en mars.

On avait redouté avec juste raison le bombardement de la gare. Il ne tarda pas (20 mai 1944). Une partie du quartier fut sinistrée, mais l'immeuble de l'Institution subit peu de dégâts.

Quant à la chapelle, l'état de la rosace, soufflée mais pas brisée, des vitraux latéraux un peu endommagés, du manteau de la Vierge, dont une partie du pan avait disparu, mit la directrice dans l'obligation de faire appel aux talents de Lux Fournier, qui eut bien de la peine pour trouver les nuances du même ton.

Après la guerre, les études reprirent normalement à la mi-octobre 1944, mais la directrice donnait des signes de fatigue et après trente et un ans de responsabilités elle se retira, confiant sa maison en octobre 1948 à Mlle Marie-Louise et Mlle Marie-Rose Gindre, qui entreprirent de nouveaux aménagements.

Un grand portique et son sautoir remplacèrent l'ancien. Grâce à cette installation, les sports s'organisèrent et les équipes de minimes, de juniors et de seniors remportèrent dans les compétitions sportives les coupes de l'UGSEL de basket-ball, de volley-ball et de hand ball. Le préau fermé et servant de salle de permanence fut divisé en différentes sections : un laboratoire de sciences naturelles, une salle de langues, une classe enfantine agrandie. Pour prévoir les récréations les jours de pluie, un très large auvent en plexiglas prolongea la galerie reliant les classes. Le sens social donné aux élèves valut à l'établissement des médailles de bronze, d'argent et de vermeil pour la vente des timbres antituberculeux et en 1968, une médaille en remerciement des quêtes effectuées par les élèves pour la lutte contre le cancer.

À la rentrée de 1968, selon une décision de l'académie, les études devaient s'arrêter dans les établissements secondaires en classe de troisième, les élèves de seconde devaient tous être regroupées dans un seul établissement. Sainte-Ursule fut choisi puisque disposant d'un plus grand nombre de pièces permettant de recevoir plus d'étudiants.

Sur le désir des familles, Maintenon aiguilla les élèves qui ne se dirigeaient pas vers les baccalauréats classiques vers d'autres secteurs, mais les locaux ne le permettant pas, les directrices acquirent une partie de la propriété de Fontiville à Veigné, où on préparait au BEP Sanitaire et Social, à l'examen d'entrée à l'école des infirmières Croix Rouge, au baccalauréat F8 section médico-sociale et depuis octobre 1979, il existe une section tourisme.

À la surprise générale, Mlle Marie-Louise, très fatiguée au 3ème trimestre 1969, s'éteignit le 2 juillet malgré des soins intensifs. Mlle Marie-Rose décida de poursuivre l'oeuvre mais après deux années d'un travail surhumain, elle fut obligée d'envisager un repos bien gagné. Une fois de plus, Maintenon changeait de main, et M. Beyssac devint directeur de l'établissement.

Aujourd'hui, et ce depuis 2011, c'est Madame Guylaine SULLEROT qui est la directrice de l'Établissement, épaulé par Mlle Chantal Blanchet, qui dirige la Maternelle et l'École primaire.

École Maintenon, 104 rue des Docks
Façade avec vue sur la cour d'honneur en 1905
École Maintenon, 104 rue des Docks
Salle à manger en 1905
École Maintenon, 104 rue des Docks
L'ancien dortoir en 1905
École Maintenon, 104 rue des Docks
Cour de récréation en 1905
École Maintenon, 104 rue des Docks
La chapelle en 1905
École Maintenon, 104 rue des Docks
Vitrail de la chapelle aujourd'hui
(maître verrier LOBIN)
École Maintenon, 104 rue des Docks
La chapelle aujoud'hui
École Maintenon, 104 rue des Docks
Façade rue Marcel Tribut aujourd'hui
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